"Je suis un peu ivre, tu sais. Alors j'ignore ce que valent mes récits . Et demain je t'en donnerai d'autres versions, de toute autres..."
Elle l'écoutait là, les yeux à peine ouverts, allongée sur son lit trop grand. Elle avait déjà entendu ce discours, souvent. Et lui se mentait, classique. Il avait bu encore, un verre de plus, un à chaque précédent achevé, puis une bouteille, deux, trois. Il n'était pas "un peu ivre" mais bien tout à fait saoul. Et elle avait attendu sa venue, ou plutôt son retour parce que de la même manière que les autres fois ; Il s'assoirait à nouveau dans le fauteuil, celui en velours rouge à côté du grand lit. Après quoi il se masserait les tempes , se tiendrait fermement le crâne au creux des paumes en soupirant et lui adresserait ce regard si profond, comme un puis sans fin. Scénario répétitif qui semblait toujours infiniment long à la jeune fille. Mais enfin il se déciderait à lui raconter ce qui le torturait, depuis son départ toute à l'heure. Il lui disait toujours tout, et ce depuis sa plus tendre enfance dont elle n'eut d'ailleurs jamais l'occasion de sortir. Il parlait de ce ton aigre-doux qu'elle lui connaissait depuis ce matin là, empli de regrets et d'une tristesse souriante. Il cessait rarement de lui sourire, pas à elle. Il inspira, son souffle tremblait encore.
"Mais pour l'heure sache, pauvre et impertinente enfant, qu'il n'y a plus infidèle que l'amour lui-même."
C'était la conclusion qu'il avait tirée de ses pensées, leur aboutissement. Elle ignorait de quoi il s'agissait, elle n'avait pas suivit sont cheminement jusque là mais tous deux s'en moquaient. C'était devenu une habitude, il parlait pour ne pas qu'elle se sente seule et elle l'écoutait pour le simple plaisir d'entendre sa voix, même frêle et chevrotante. De toutes manière, l'enfant n'aurait pas su comprendre le sens de ces mots, sa tête se mourrait. Et son frère, cet homme grand et pourtant si fragile, était fou. C'était un bien triste lien qui les unissait à présent, celui de deux orphelins dont l'un agonisait sagement sous des draps de satin.
Une soudaine envie d'écrire, c'est l'hisoitre de Candlicius Mc.Grimm et Cyclamen ou "La mort qui porte un nom de fleur". Un bout d'histoire, un début ou une fin, je sais pas.
Si tous les articles ont disparu c'est que je pense remettre en ordre ce foutoir qu'est mon blog.
Au plaisir.
